06.02.2006
KEVIN MACDONALD
Kévin Macdonald est né à Glasgow en 1967. Son premier film, The ultimate performance, inspiré par le réalisateur excentrique Donald Cammel, est présenté dans une vingtaine de festivals et remporte de nombreux prix. Depuis, il a réalisé plus d’une demi-douzaine de documentaires dont plusieurs sur des réalisateurs (Howard Hawks, Errol Morris) et un sur un artiste peintre, The moving world of George Rickey.
Il a publié deux livres, Imaging beauty (1997), sur l’histoire du documentaire et, Emmeric Pressburger : the life and death of a screenwriter (1994), une biographie de son grand-père. Il prépare actuellement un film sur Klaus Barbi, intitulé Le boucher de Lyon.
Source : Memento films distribution
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UN JOUR EN SEPTEMBRE de Kévin Macdonald
Raconté par Michael Douglas
Durée : 1h32
Sortie le 25 Janvier 2006
Oscar du meilleur documentaire

Résumé
1972. Jeux Olympiques de Munich. 121 nations, 7 123 athlètes. Pour la première fois, les chaînes de télévision du monde entier sont là pour retransmettre en direct l’événement. Des milliers de spectateurs découvrent bientôt l’impensable : un groupe de terroristes palestiniens vient de prendre en otage 10 athlètes israéliens et exige la libération de plus de 200 prisonniers politiques. Démarre alors un infernal compte à rebours… 30 ans plus tard, de nombreux témoins, dont l’un des terroristes rescapés, éclairent d’une lumière nouvelle cet événement.
Critique
La force d’Un jour en Septembre réside plus dans le fond que dans la forme. En effet, le film est un documentaire d'une extrème précision. On peut saluer le travail d'investigation. Il restranscrit l'événement du 5 Septembre 1972 de manière quasi-chirurgicale puisqu'il décortique chaque fait et geste avec photos d'archives de Raymond Depardon et images à l'appui. Par le biais de témoignages et d'une voix off (celle de Michael Douglas), Kévin MacDonald énonce, d’une part, le contexte historique de l'Allemagne et celui israélo-palestinien. Quand le terroriste encore en vie évoque son exil de Palestine, c’est une référence directe au plan de partage de la Palestine entre un Etat arabe et un Etat juif par l’ONU en 1947 qui débouche sur le conflit. Son parti-pris, d’autre part, est d'exposer les expériences des différents acteurs de l'attentat pour comprendre les raisons de cet échec et de cette grande tragédie. Ainsi, il nous présente les points de vue d'un otage rescapé, du seul terroriste encore vivant, des membres du gouvernement allemand et de sa police, des services secrets israéliens, des responsables des J.O., et des familles des victimes.
Les images et photos d'archives illustrent en grande partie les témoignages mais MacDonald inclut des plans qui sortent du domaine de l'illustration puisqu'ils apportent des détails dans le déroulement de l'action. Prenons l'exemple des plans de spots qui se brisent dans l'aéroport alors qu'aucun des acteurs ne l'a évoqué. Ces plans ont une valeur d'indice. Le spectateur doit faire lui-même le rapport de causalité. Ici, ils révèlent que tous les spots ont été détruits pendant les tirs et que l'aéroport fut ainsi plongé dans l'obscurité. A aucun moment n'est évoqué le passage à ce moment d'obscurité. On le devine donc. Le film propose ainsi de nombreux plans avec cette fonction indicielle. Il présente également des séquences en images de synthèse pour exposer l'ultime plan d'attaque des allemands à l’aéroport. Outre sa fonction explicative, ces plans permettent de palier au manque d’images ou plutôt d’illustrer ce que l’on ne pouvait voir (cf l’action se passe dans l’obscurité).
On peut, néanmoins, reprocher au réalisateur d'user du ressort sensationel et spectaculaire avec ses créations de suspense, ses pauses et ses effets stylistiques. En effet, MacDonald joue beaucoup sur les sentiments, surtout au début et à la fin du film, en alternant témoignages des proches des victimes et ceux du terroriste réhaussés d'une musique mélancolique. De même, il apprécie opposer l'avant (le film débute sur une publicité pour Munich où sont montrés ses atouts et sa quiétude) et l'après (en prologue, des propos et des images évoquant l'horreur) attentat comme pour renchérir sur l'événement alors que ce n'est pas nécessaire. Ainsi, il utilise beaucoup de ralentis et de musique sans véritable justification si ce n’est des pauses dans la narration. De même que le pathos créé par l'évocation de la douleur des enfants des athlètes dessert un peu le film. Quant aux photos des corps mutilés, elles sont certes des pièces à conviction pour un procès qui n'a jamais eu lieu mais relèvent, tout de même, du voyeurisme.
Ce côté spectaculaire agace mais il en ressort une force qui offre aux spectateurs la possibilité d'être au cœur de l'événement et de vivre l'inquiétude, les tensions comme s'ils y étaient (à la différence qu'ils en savent plus que les témoins de l'époque). Rappelons que les J.O. de Munich étaient retransmis en direct dans le monde entier pour la première fois. Le spectateur assiste ainsi à des prises de décision et à des mesures toutes aussi mauvaises les unes que les autres et qui mettent en lumière l'incompétence du gouvernement allemand. C’est donc parce qu’on en sort très informé et très indigné (aussi) que le film se doit d’être vu. C’est également un bon appendice à Munich de Spielberg.
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09.01.2006
GOOD NIGHT AND GOOD LUCK de George Clooney
Sortie le 4 Janvier 2006
Avec David Strathairn, George Clooney, Robert Downey Jr...
Durée : 1h 33

Résumé
En 1953, Edward R. Murrow était l’un des célèbres présentateurs télé de CBS. Son émission captivait l’Amérique en présentant des sujets d’actualité et des interviews sur un ton novateur. La vie du pays était alors perturbée par la chasse politique que le sénateur MacCarthy menait contre les sympathisants communistes. Une atmosphère de suspicion planait sur les institutions et les condamnations arbitraires s’accumulaient. Révolté par les méthodes scandaleuses de MacCarthy, Murrow décida de réagir. Pour la première fois, un homme de télévision allait servir à faire éclater la vérité…
Critique
Alors que son premier film, Confession d'un homme dangereux, mettait en scène l'ascension d'un présentateur télé de divertissements abrutissants, George Clooney s'intéresse maintenant avec Good night and good luck au journaliste Edward R. Murrow et à son équipe qui, dans un souci de civisme et de compréhension, ont contribué à la chute du sénateur McCarthy.
D'une mise en scène sobre, Clooney se révèle, une fois de plus, virtuose. En effet, il a fait le choix d'un noir et blanc très contrasté dans un souci d'authenticité. Il reconstruit cette page d'histoire américaine en empruntant des dialogues d'époque et des documents d'archives (de McCarthy notamment mais pas seulement). A cela s'ajoutent des cadrages très serrés qui épousent des plans de cette période et qui raccordent, par conséquent, parfaitement avec les emprunts d'archives. D'un rythme soutenu (propos nombreux et concis), Clooney offre des respirations musicales et des pauses publicitaires qui enrichissent la couleur du film. En effet, ces chansons célèbres ré-arrangées et ces publicités désuètes rappelent une certaine naïveté.
Le parti pris de Clooney concernant l'unité de lieu est très important car il montre un décor unique : CBS avec son plateau TV et ses bureaux. Good night and good luck propose ainsi une mise en abîme du processus de création. En effet, le cinéaste montre la mécanique d'information d'une émission TV dans nombre de plans. Ainsi, on voit l'équipe choisir des documents, des morceaux de films puis les commenter pour enfin les présenter aux téléspectateurs tout comme a dû le faire Clooney, lui-même, pour créer sa fiction. La musique qui oscille entre une fonction diégétique et extra-diégétique va elle aussi dans ce sens.
Mais attachons-nous au fond. Le film débute et s'achève sur le discours de Murrow lors d'une soirée donnée en son honneur par la profession où il met en garde sur l'avenir noire de l'information télévisuelle. D'emblée, Clooney met le doigt sur un état de fait : le média TV n'informe plus alors qu'il a été le vecteur d'éducation. [L'information devenant ainsi divertissement, on pense au terme de "scoop" qui résonne comme le synonyme de désinformation.] Tout le film, au-delà d'une démonstration, va s'attacher à retranscrire le plus fidèlement possible cette page d'Histoire des Etats-Unis. La séquence où Murrow décortique les discours de McCarthy offre une belle leçon de journalisme. Et la grande richesse du film réside dans sa part d'universalité et d'intemporalité. En effet, si l'on remplaçait le sujet par d'autres questions d'aujourd'hui dites sensibles ou subversives, on ne serait pas surpris de voir les mêmes traitements (la persécution étant la première arme). Clooney a réussi son pari. Son film est un "courageux manifeste pour les libertés de pensée et d'expression", comme le dit si bien Veronique Le bris (Zurban).
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GEORGE CLOONEY
Réalisateur, Scénariste, Producteur, Acteur
Né à Lexington, Kentucky (Etats-Unis)
Fils d'un animateur de talk-shows de la télévision américaine, neveu du comédien Mel Ferrer (Elena et ses hommes), George Clooney semblait prédestiné à faire carrière dans le monde du spectacle. Très jeune, il fait d'ailleurs quelques apparitions dans les émissions de son père. Projetant de marcher dans les pas de son géniteur, il étudie le journalisme avant de renoncer. Il se consacre au base-ball, un sport dans lequel il excelle, à tel point qu'il envisage un temps de devenir professionnel. Mais cet espoir est déçu, l'équipe qu'il souhaitait intégré ne l'ayant pas sélectionné.
Clooney se tourne alors vers la comédie. Ses débuts sont placés sous le signe de la galère et de la série Z (Le retour des tomates tueuses, 1988). Ses quelques prestations suffisent à susciter l'intérêt des producteurs d'une série qui devait devenir Urgences, dans laquelle il incarne le pédiatre Doug Ross. Le succès est phénoménal et permet à Clooney de renouer avec le grand écran Robert Rodriquez lui confie le rôle vedette d'Une nuit en enfer (1996). Aux cotés de Quentin Tarantino, qui signe également le scénario du film, il impose une image de héros musclé et séduisant. Après un détour par la comédie romantique (Un beau jour) , il est choisi par les dirigeants de la Warner pour camper Batman dans Batman et Robin, puis enchaîne avec le film d'action Le pacificateur (1997).
Sa rencontre avec Steven Soderbergh pour Hors d'atteinte, où sa performance de voleur en cavale est acclamée, s'avère déterminante pour la suite de sa carrière sur grand écran, celle-si prenant dès lors un nouvel essor.
Préférant renoncer à Urgences à la fin des années 90, Clooney tourne pour les plus grands dans des films ambitieux (La ligne rouge de Terence malik, O'Brother des frères Coen) ou dans des productions à grand specatcle (Les rois du désert et En pleine tempête). En 2001, il retrouve Soderbergh et partage l'affiche prestigieuse de Ocean eleven avec Brad Pitt, Matt Damon et Julia Roberts, expérience qu'il réitère avec la suite du premier opus, Ocean twelve (2004). En 2002, il passe derrière la caméra et signe le drame Confession d'un homme dangereux avent d'être à nouveau sous la direction de Soderbergh dans le film de science-fiction Solaris. Fidèle dans ses choix artistiques, il collabore de nouveau avec le cinéaste Joel Coen dans Intolerable cruauté.
En 2005, place à un long métrage plus personnel. George Clooney est à la fois acteur, réalisateur et co-scénariste deGood night and good luc,k une fiction consacrée au journaliste d'investigation Edward R. Murrow, qui a lutté contre le maccarthysme.
Source: www.allocine.fr
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